La forêt occupe depuis des siècles une place importante dans le territoire et les finances de Diebling. Le patrimoine forestier communal et privé représentait environ 152 hectares au moment de la rédaction de l’ouvrage, soit près de 20 % de la surface du ban communal. Environ 130 hectares appartenaient alors à la commune et une vingtaine d’hectares à des propriétaires privés. Cette surface a varié au fil du temps en fonction des coupes, des partages et des changements de propriété.
Sous l’Ancien Régime, le domaine forestier était partagé entre les seigneurs, notamment les comtes de Puttelange et Nicolas Jacquemin, et la communauté de Diebling. Les habitants ne disposaient pas librement de l’ensemble de la forêt. Ils bénéficiaient toutefois de plusieurs droits d’usage : l’affouage permettait de ramasser du bois mort et des fascines pour le chauffage ; le marronnage donnait accès au bois de construction ; le rouage concernait le jeune bois nécessaire à la fabrication d’outils ; le passage permettait de conduire les porcs à la glandée ; la vaine pâture autorisait le troupeau à profiter des taillis à certaines périodes ; enfin, le droit de feuillée permettait de ramasser les feuilles destinées à la litière des étables. Ces pratiques montrent combien la forêt intervenait directement dans la vie quotidienne, l’élevage, le chauffage et la construction.
Le plus ancien « banrolle » mentionné dans l’ouvrage date de 1605. Cette forme ancienne de matrice cadastrale évaluait alors la forêt à 919 journées et citait plusieurs cantons forestiers : Hauschmertwald, Jesopeterbuchel, Holzstauden, Schertzbuchel, Miesbusch, Künenbusch, Nassestauden, Buschwald, Kayserwäldchen et Gravenstauden. Les graphies doivent être vérifiées sur le document original, car certaines ont varié au cours des siècles.
En 1686, Valrad, comte sauvage de Dhaun et de Puttelange, et le baron Nicolas Jacquemin firent procéder à un nouvel abornement et à une redistribution de leurs parts, notamment dans le Buschwald. Le travail fut confié au géomètre Jean-Pierre Kipper de Metzing. Il établit un terrier conservé en mairie. Les mesures employées étaient encore celles de l’Ancien Régime : pied lorrain, verge, journée, fauchée et arpent. Le système métrique ne s’imposa officiellement que bien plus tard.
Le travail de Kipper permit également de régler plusieurs litiges entre communes limitrophes, notamment vers le Dachshübelwald avec Metzing, le Schackmannswald avec Guebenhouse, le Weidlück avec Loupershouse et le Miesbusch avec Ebring. Ces limites anciennes constituent des pistes importantes pour relier la forêt aux lieux-dits et aux anciennes dénominations du ban.
Le 19 novembre 1789, la commune vendit sa part de forêt au prince de Loewenstein, successeur des Rhingraves de Puttelange. Le produit de la vente fut réparti entre les habitants de Diebling, à l’exception du curé Bassompierre. Quelques années plus tard, le décret du 13 ventôse an IV rendit à la commune non seulement la forêt vendue, mais aussi une partie des anciennes forêts des comtes de Puttelange, notamment au sud vers le Buschwald.
La forêt resta ensuite une ressource financière majeure. Lors de projets importants ou de périodes budgétaires difficiles, la commune pouvait décider une coupe extraordinaire. La monographie cite notamment la construction de l’ensemble presbytère-mairie-école vers 1850 et celle de l’école des filles vers 1860 : du bois fut utilisé par les charpentiers et les ventes contribuèrent au règlement des dépenses.
En 1957, Diebling participa avec Bousbach, Folkling, Guebenhouse, Hundling, Ippling, Metzing, Tenteling et Théding à la création d’un syndicat intercommunal de gestion forestière. Une maison forestière intercommunale fut construite à Diebling afin de disposer d’un personnel compétent à proximité. En 1977, la commune confia à l’Office national des forêts la préparation d’un plan d’aménagement portant alors sur 153 hectares et 66 ares. Ce plan organisait les coupes, les volumes, les travaux et la régénération.
Les essences citées sont principalement le hêtre, le chêne, le charme et le bouleau. Les résineux s’acclimataient plus difficilement aux sols calcaires. Certaines plantations privées de sapins, notamment au Kaasewald, avaient été envisagées pour fournir du bois de soutènement aux mines, mais cette perspective ne donna pas les résultats espérés.
