Le nom Diebling est généralement interprété comme une formation d’origine franque. Dans les noms de lieux de la région, le suffixe -ing, avec ses variantes -ingen, -ange ou -an, désigne fréquemment l’appartenance à une famille, à un groupe ou à un domaine. Il s’agit d’un mode de formation très courant dans les territoires anciennement germanophones de Lorraine et, plus largement, dans les régions marquées par l’installation des populations franques au haut Moyen Âge.
La racine du nom a, elle, connu de nombreuses variations au fil des siècles : Dubel, Dübel, Dibl, Tibl puis Diebl. Ces évolutions ne sont pas inhabituelles à une époque où l’orthographe des noms de lieux n’était pas encore fixée. Leur transcription dépendait de la langue du rédacteur, de sa manière de restituer les sons locaux et des usages administratifs du moment.
L’hypothèse la plus couramment retenue est celle d’un domaine appartenant à un personnage franc ou à sa famille. Le nom de cet homme pourrait avoir été proche de Thuibold, Tuoblo, Tibelo ou Bodilus. Le suffixe -ing aurait alors désigné les gens, les descendants ou le domaine associés à ce personnage. Le nom du groupe aurait progressivement fini par désigner le lieu lui-même.
Ce type de formation se retrouve dans de nombreuses localités voisines. Fulco est ainsi rapproché de Folkling, Putilo ou Budilo de Puttelange, tandis que Rumolt ou Ramolt sont proposés pour expliquer Rimling. Ces exemples montrent combien les noms personnels germaniques ont joué un rôle important dans la formation des noms de villages de Moselle.
Dans cette interprétation, l’origine du nom de Diebling pourrait remonter approximativement à une période comprise entre l’an 700 et l’an 1000. C’est durant ces siècles que se développent et se structurent de nombreux établissements ruraux francs dans la région. Les implantations humaines privilégiaient naturellement les vallées offrant de l’eau en abondance, des terres exploitables, des prairies et d’importantes ressources forestières. La vallée du Strichbach, dans laquelle s’est développé Diebling, présentait précisément ce type d’environnement favorable.
Il est donc possible d’imaginer, à l’origine du village, un petit domaine rural entouré de terres cultivées et de forêts, occupé par une famille ou un groupe placé sous l’autorité d’un propriétaire dont le nom serait resté attaché au lieu. Avec le temps, l’habitat aurait grandi autour de ce premier noyau tandis que le nom se serait transmis de génération en génération, tout en évoluant phonétiquement et graphiquement.
Cette interprétation demeure néanmoins une reconstruction linguistique. Aucun document connu ne permet aujourd’hui d’identifier avec certitude le personnage ayant donné son nom à Diebling ni de fixer précisément la date de création du premier établissement. Les différentes formes proposées — Thuibold, Tuoblo, Tibelo ou Bodilus — doivent donc être comprises comme des hypothèses permettant d’expliquer la racine ancienne du toponyme.
Une autre tradition, formulée notamment par l’abbé Bassompierre puis reprise par plusieurs auteurs, rapprochait le nom de Diebling du mot allemand « doppelt », signifiant « double ». Cette explication reposait sur l’existence historique de deux pôles distincts du village : l’Oberhof, ou domaine supérieur, et l’Unterhof, ou domaine inférieur.
Cette interprétation est aujourd’hui davantage discutée. Si l’existence de ces deux domaines et de leurs juridictions appartient bien à l’histoire de Diebling, leur apparition dans les sources est relativement tardive. Elle explique donc difficilement les formes beaucoup plus anciennes du nom du village. L’hypothèse d’un nom de personne germanique associé au suffixe -ing semble ainsi mieux correspondre aux formes médiévales connues et aux habitudes toponymiques de la région.
Les graphies recensées au fil des siècles témoignent particulièrement bien de cette évolution. On retrouve notamment Dubelange ou Dublanges en 1277 ; Dubelinga en 1318 ; Dubling ou Dobling en 1423 ; Duebling ; Dublingen ; Dibling ou Tibling en 1594 ; D’Ibling en 1689 ; Diebling en 1779 ; Dieblingen en 1782, avant que la forme moderne Diebling ne finisse par s’imposer définitivement.
Ces différentes écritures ne signifient pas nécessairement que le nom changeait réellement d’une génération à l’autre. Elles traduisent surtout la manière dont les rédacteurs tentaient de transcrire un nom transmis oralement. Un même village pouvait ainsi apparaître sous plusieurs orthographes selon qu’un document était rédigé en allemand, en français, en latin ou selon des usages administratifs locaux.
La prononciation francique locale du nom peut être transcrite approximativement « Diwlinge ». Elle rappelle l’appartenance traditionnelle de Diebling à l’aire linguistique du francique rhénan, longtemps parlé quotidiennement dans cette partie de la Moselle. Cette langue régionale constitue elle aussi un élément important pour comprendre l’évolution et la prononciation ancienne du nom du village.
L’histoire du nom de Diebling permet ainsi de remonter bien au-delà des premières mentions écrites actuellement connues. Les formes Dubelange, Dubelinga, Dubling, Dibling, Tibling, D’Ibling, Dieblingen puis Diebling constituent autant de traces laissées par plusieurs siècles d’évolution linguistique, administrative et culturelle.
