La guerre de Trente Ans, de 1618 à 1648, fut l’une des ruptures les plus profondes de l’histoire de Diebling. La Lorraine devint un champ de bataille entre puissances catholiques et protestantes, puis entre intérêts dynastiques européens. À partir de 1632, les troupes suédoises envahirent le Bailliage d’Allemagne. Elles furent suivies d’autres armées, notamment croates puis françaises, qui vécurent sur le pays, réquisitionnèrent les biens et ruinèrent les villages.
Diebling subit incendies, pillages, violences, famine et épidémies. Une partie des habitants réussit à fuir vers le Luxembourg ou la Rhénanie ; d’autres tentèrent de survivre dans les forêts. Une tradition rapportée par l’histoire locale affirme qu’en 1648 il ne restait plus que six habitants vivant dans deux maisons sommairement restaurées. Ce chiffre spectaculaire mérite d’être relié à sa source précise, mais il traduit l’ampleur de l’effondrement démographique.
Le repeuplement commença entre 1650 et 1680. Des familles revinrent de Rhénanie : Frédéric Kaas, baptisé à Cologne en 1641 ; Dominique Bour, baptisé à Cologne en 1649 ; Michel Hector et Melchior Franck. Des femmes revenues avec leurs époux firent apparaître de nouveaux patronymes : Christine Franck et Henry Dehay, venu de Taverneux près de Houffalize ; Ève Schwartz et Jean Lapp, baptisé à Düren ; Marguerite Kipper et Jean Hasdenteufel, revenus vers 1678.
En 1676, après les grands combats, trois régiments vivaient encore sur la paroisse. À Tenteling, les habitants auraient dû se réfugier six semaines dans l’église. Le premier registre paroissial, ouvert par le curé Philippe Everard, conserve également la trace du passage d’un groupe tzigane dont plusieurs membres se marièrent sur place.
Cette fiche devrait articuler destruction, déplacements de population, retours familiaux et reconstitution des lignées.
