Au début du mois de novembre 2006, une silhouette inhabituelle domine les abords de Diebling. Au lieu-dit Johannsweiler, dans le prolongement de la rue du Pont, une haute tour de forage s’élève au-dessus des champs. Les photographies du 2 novembre montrent la plateforme, les rangées de tubes, les engins et les hommes en tenue de chantier. De loin, le mât semble posé directement dans le paysage du village ; de près, il révèle l’ampleur d’un projet qui devait explorer le sous-sol houiller lorrain.
Le bulletin communal de 2006 explique que la société European Gas Limited avait aménagé sur le ban communal une plateforme d’environ 5 000 m². Le programme prévoyait d’abord un sondage stratigraphique, puis une recherche de gaz contenu dans les couches de charbon. À l’époque, la technique présentée aux habitants associait un forage vertical à des sondages horizontaux destinés à suivre et fissurer la couche de charbon afin d’en libérer le gaz emprisonné.
L’optimisme était alors réel. L’entreprise avançait une estimation de 28 milliards de mètres cubes pour les zones de Diebling et de Folschviller situées hors des secteurs d’exploitation de grisou des Charbonnages de France. Ce chiffre doit être compris comme une estimation portée par le projet en 2006, et non comme une réserve ensuite confirmée. Les photographies du 15 novembre, prises lors d’une réception, témoignent de l’attention suscitée localement par cette campagne de forage.
Le bilan publié en 2008 apporte cependant une conclusion plus prudente. European Gas Limited décida de ne pas exploiter le site de Diebling : la présence d’eau dans le sous-sol était jugée trop importante et incompatible avec l’extraction envisagée. La tour disparut donc du paysage sans ouvrir la phase industrielle espérée.
L’histoire ne s’arrête pourtant pas à cet abandon. Les données et les carottes du puits, désormais connu sous le nom de Diebling Str 1 ou DBL S1, ont conservé une valeur scientifique. En 2024, une thèse de géologie consacrée aux charbons et aux roches-mères du bassin carbonifère lorrain l’a utilisé comme puits de référence. Le forage traverse notamment des niveaux du Westphalien entre environ 875 et 1 440 mètres de profondeur. Près de vingt ans après le chantier photographié, le sous-sol de Diebling continuait ainsi d’aider les chercheurs à mieux comprendre le bassin houiller lorrain.
Cette série d’images donne un visage concret à une histoire qui pourrait autrement sembler très technique. Elle restitue le moment où une ambition énergétique a pris place dans les champs de Johannsweiler, avant de devenir, avec le temps, une archive scientifique.

